PUIISK''IL FAUT" ViiVRE . . .

PUIISK''IL FAUT" ViiVRE . . .





I N T O U C H A B L E

« J'en viens aux mots pour ne plus en venir aux larmes »
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# Posté le jeudi 17 juillet 2008 10:26
Modifié le jeudi 17 juillet 2008 10:56

P R O L O G U E

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........ Elle était la. Adossée contre le mur, une cigarette au bout des lèvres. Ses yeux se perdaient dans la fumée de sa Gauloise. Ses yeux, verts, intenses, brûlants mais tellement distants. Elle était la, mais semblait si loin. Tout le monde la regardait mais elle, elle ne voyait personne. Elle était de ces filles qu'on juge provocantes, aguicheuses, superficielles dès le premier coup d'½il. Mais le premier n'est jamais le bon.

........ Elle semblait attendre. Son pied, posé dans une jolie chaussure blanche associée avec soin à son short plus que court, battait la mesure. Mesure due au son qui sortait de son mp3 relié à son oreille droite. Les gens marchaient, couraient, sautaient, se bousculaient en fonction de leurs envies et de leurs obligations. Elle, elle se tenait droite, son ossature fragile n'en paraissait que plus présente. Apparaissant sous son top, un bandeau noir au contour blanc, ses membres fins se tenaient avec grâce, ses mains posées sur le contour de ses hanches. Sa poitrine se soulevait régulièrement, au rythme de sa respiration. Sa poitrine, ni trop présente ni pas assez, peut être un peu en dessous de la moyenne mais mise en valeur avec soin. D'un geste furtif, elle toucha son collier, un c½ur se balançant au bout d'une chaîne. Un geste ne signifiant rien pour beaucoup, mais sûrement plus pour elle. Aucun bracelet, aucune bague mais une autre chaîne, plus longue se finissant par deux plaques d'argent. La première, surmontée de diamants collés les uns à côtés des autres. La seconde, plus large, avec quelques lettres inscrites dessus. Ses mains avaient retrouvé leur place initiale, et ses cheveux vinrent cacher le pendentif. Ses cheveux, dégringolant sur ses frêles épaules, éclatant de vie et de beauté, d'un châtain foncé aux reflets dorés, se terminant par de fines anglaises, volaient au vent comme tentant d'échapper à l'atmosphère pesante de la ville.

........ Les nuages défilaient au-dessus de celle ci ne réussissant pas, cependant, à cacher le soleil omniprésent. Les rayons se reflétaient sur les pavés de la grande place. Les talons des habitants claquaient sur le sol de pierre, bruit comblé par les haussements de voix, les appels de taxis, les éclats de rire, les sonneries de téléphone, laissant place à un grand capharnaüm. Entre l'aspiration de tabac, ses lèvres bougeaient, murmuraient, chantaient sûrement, mais elle, elle ne faisait aucun bruit. Tel une spectatrice d'un combat acharné des hommes contre l'humanité, elle semblait enfermé dans sa propre bulle, bulle qu'elle s'était construite peu à peu avec le temps, les années qui passent et les épreuves qui en découlent.

........ Les années, elle en affichait seulement 18. Nombre pair, symbole de liberté, d'ouverture à la vie, de nouveau départ et d'insouciance. Son visage était loin d'être enfantin. Il avait mûri lui aussi, les traits s'étaient adoucis. Son nez était tout ce qu'il y'avait de plus mignon, petit, un peu relevé, gardant toute l'harmonie de son faciès. Sur le contour de ses pommettes légèrement relevées, se dissimulaient de petites taches de rousseur, se confondant à la couleur de sa peau. Semblant si douce, légèrement hâlée, celle ci ne semblait pas avoir subit les épreuves du temps. Se relevant et se couchant au gré du vent, sa frange taillée en dégradée cachait une partie de son front et de ces sourcils. Ses yeux contrastaient avec toute cette apparence, naïve, joyeuse, tranquille, et sur d'elle. De son iris émeraude jusqu'au plus profond de sa sombre pupille, un deuxième combat se menait mais celui la, personne ne pouvait le deviner.

........ Elle ferma les yeux un instant, se refermant encore un peu plus sur elle-même puis les rouvrit. Un large sourire, déployant des dents blanches et étincelantes, apparut sur son visage devenu angélique. Elle posa sa main gauche contre son front pour cacher ses yeux des éclats du soleil en direction des escaliers. D'un geste précis, elle écrasa la cigarette sur le mur et la laissa tomber à terre. C'est fou ce qu'une cigarette met comme temps à s'éteindre. Elle se consume d'abord, perd ses dernières cendres, laisse encore défiler sa fumée noire, se recroqueville sur elle-même puis s'arrête, cherchant sans doute une ultime façon de reprendre vie. En vain.
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# Posté le jeudi 17 juillet 2008 11:19
Modifié le jeudi 17 juillet 2008 11:46